Il est des départs qui en disent parfois davantage que de longs discours de prise de fonction. Celui du Général Bachir Diallo s’inscrit dans cette catégorie. S’il n’a, à ce stade, pas été reconduit à d’autres responsabilités, son attitude au moment de quitter ses fonctions mérite une attention particulière.
Dans ses mots d’au revoir adressés à ses collaborateurs, le Général Bachir Diallo a fait preuve d’une rare hauteur de vue. Demander pardon pour d’éventuelles frustrations, assumer avec lucidité les décisions prises au nom de l’ordre, de la discipline et des valeurs éthiques, relève d’un exercice peu commun dans notre espace public, encore davantage lorsqu’il s’agit d’un haut responsable sécuritaire.
Reconnaître que l’exercice de l’autorité peut parfois heurter, et avoir la grandeur morale de l’admettre publiquement, témoigne d’un sens aigu de la responsabilité et d’une profonde maturité institutionnelle. Cette posture, empreinte d’humilité et de dignité, force le respect et rappelle que le commandement ne se limite pas à l’autorité, mais s’exprime aussi dans la capacité à se remettre en question.
Bien entendu, tout bilan appelle débat. Les réformes peuvent être discutées, les résultats analysés, les insuffisances relevées. Cela relève du jeu démocratique et de l’exigence de redevabilité. Mais au-delà des chiffres et des décisions, il est essentiel de savoir saluer l’élégance morale et le sens de l’État lorsqu’ils se manifestent.
Les fonctions passent, les titres changent, mais la manière de servir demeure. Et parfois, ce sont ces gestes de vérité et de responsabilité qui inscrivent durablement un homme dans la mémoire collective.
Respect à l’homme pour ces paroles empreintes de grandeur.
Par Malal Le Guinéen





