La pénurie de liquidités qui affecte actuellement la Guinée continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique et des milieux économiques. Face à cette situation, Lansana Diawara, Directeur général du Fonds de Développement Social et de l’Indigence (FDSI), propose une solution : fixer une date butoir pour le remplacement progressif de certains billets de banque, notamment ceux de 5 000 et 10 000 francs guinéens.
Selon lui, la crise actuelle s’explique en partie par la faible circulation de l’argent dans le système bancaire. Une situation aggravée par le phénomène de thésaurisation, c’est-à-dire la tendance de nombreux citoyens à conserver d’importantes sommes d’argent en espèces plutôt que de les déposer dans les banques. À cela s’ajoute, explique-t-il, le dynamisme croissant de l’économie rurale dans certaines zones minières où les transactions se font majoritairement en liquide.
Pour Lansana Diawara, l’instauration d’une date limite pour échanger les anciens billets contre de nouveaux permettrait d’assainir le système financier et d’encourager les populations à intégrer davantage le circuit bancaire.
« Une telle mesure contribuerait à réduire la masse monétaire en circulation et à stabiliser le système financier », soutient-il. Elle pourrait également favoriser l’augmentation des dépôts bancaires, offrant ainsi aux institutions financières davantage de ressources pour financer l’économie.
L’ancien président de l’Association Guinéenne des Usagers des Banques (AGUB) estime par ailleurs que cette démarche constituerait un moyen efficace de lutter contre la thésaurisation, identifiée comme l’une des causes majeures de la crise de liquidité dans le pays.
Au-delà de cet aspect, il voit dans le renouvellement des billets une opportunité de moderniser le système financier guinéen. L’introduction de nouvelles coupures pourrait, selon lui, encourager l’utilisation des moyens de paiement électroniques et réduire progressivement la dépendance aux transactions en espèces.
Toutefois, Lansana Diawara souligne que cette réforme devrait s’accompagner de plusieurs mesures complémentaires. Il recommande notamment le lancement d’une vaste campagne de communication pour sensibiliser les citoyens aux enjeux de la mesure et à ses avantages pour l’économie nationale.
Il plaide également pour une amélioration des services bancaires ainsi que pour l’extension du réseau bancaire sur l’ensemble du territoire. L’objectif, selon lui, serait de parvenir à l’ouverture d’agences bancaires dans au moins les deux tiers des sous-préfectures d’ici 2027, afin de faciliter l’accès des populations rurales aux services financiers.
Enfin, il appelle les autorités à renforcer la réglementation afin d’encourager l’épargne bancaire et de limiter les pratiques favorisant la rétention d’importantes quantités d’argent en dehors du système financier.
Pour le Directeur général du FDSI, la fixation d’une date butoir pour le changement progressif des billets pourrait ainsi constituer un levier important pour sortir durablement de la crise de liquidité que traverse la Guinée, à condition que la mesure soit accompagnée de réformes structurelles visant à moderniser et à renforcer le système bancaire national.
La rédaction de Louramedia.com





