MALI — Dix heures pour parcourir une centaine de kilomètres : c’est le calvaire quotidien vécu par les populations de Mali, dans la préfecture de Mali.
L’axe Mali–Kédougou, pourtant essentiel à la vie économique et sociale de toute la préfecture, est aujourd’hui dans un état de dégradation avancée, transformant les déplacements en véritable parcours du combattant.

De Yembering à Mali Centre, il faut parfois compter jusqu’à quatre heures pour parcourir seulement quelques kilomètres.
Les véhicules s’enlisent dans la boue, les camions se renversent et les motocyclistes sont exposés à des conditions de circulation particulièrement difficiles.
Pour les populations, cette situation n’est plus seulement une question de confort : elle constitue un frein majeur aux activités économiques, au transport des marchandises et à l’accès aux services essentiels.
Pourtant, un projet de réhabilitation existe.
En novembre 2024, la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de plus de 80 millions de dollars pour le projet de route inter-États
Labé–Mali–Kédougou–Fongolembi, long de 240 kilomètres. Les études techniques auraient, elles, été achevées depuis août 2023.
Mais sur le terrain, les populations attendent toujours le démarrage effectif des travaux.
Quelques opérations de colmatage auraient été réalisées sur les portions les moins dégradées, sans toutefois apporter de réponse durable à l’état général de la route.
Jusqu’à quand cette situation va-t-elle durer ?
Les populations de Yembering, Lébékéré, Gaya et des localités environnantes lancent un appel pressant au ministère des Infrastructures et au Gouvernement afin que les engagements pris se traduisent enfin par des travaux concrets.
Car cette route constitue la colonne vertébrale de l’économie locale.
Son amélioration permettrait de faciliter la circulation des personnes et des biens, de désenclaver les communautés et de renforcer les échanges commerciaux entre la Guinée et le Sénégal.
À Mali, le message des populations est clair : donnez-nous la route, et Mali contribuera davantage à nourrir et à développer la Guinée.
Par Mamadou Aliou Diallo, dit « L’Ambassadeur »






