NEW YORK – Face à la communauté internationale, le Président de la République, Mamadi Doumbouya, a choisi de parler d’une Guinée qui se transforme, qui assume ses choix et qui entend désormais prendre pleinement en main les leviers de son développement.
À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, ce mercredi 23 septembre 2026, le chef de l’État a présenté les principales avancées enregistrées au cours des dernières années, tout en exposant les grandes orientations qui doivent conduire la Guinée vers une transformation économique et sociale durable.
Trois ans après une première intervention internationale consacrée notamment à la nécessité de repenser les modèles politiques appliqués au continent, Mamadi Doumbouya est revenu cette fois avec un message davantage axé sur les résultats, la souveraineté économique et la capacité de la Guinée à construire son propre modèle de développement.
Des élections financées sur ressources nationales
Sur le plan institutionnel, le Président guinéen a particulièrement insisté sur l’organisation du processus électoral, présentée comme une illustration concrète de la capacité de l’État à mobiliser ses propres ressources pour conduire les grandes étapes de la vie nationale.
« Conformément aux principes constitutionnels, la République de Guinée a organisé l’intégralité de son cycle électoral (présidentiel, législatif et communal) […] en les finançant à 100 % sur le Trésor public guinéen », a-t-il déclaré.
Selon le chef de l’État, cette expérience démontre qu’un pays africain peut s’appuyer sur ses propres moyens pour organiser des consultations électorales crédibles, transparentes et apaisées.
« C’est la preuve qu’un pays peut, par ses seules ressources, organiser des élections crédibles, apaisées et transparentes », a-t-il ajouté.
À travers cet argument, Mamadi Doumbouya entend mettre en avant une conception de la souveraineté qui ne se limite pas aux discours, mais qui se traduit également par la capacité de l’État à assumer financièrement et institutionnellement ses responsabilités.
De l’exportation des matières premières à la transformation locale
L’autre axe majeur du discours présidentiel a porté sur la transformation économique de la Guinée.
Routes, écoles, infrastructures sanitaires, énergie, industrialisation : le Président a dressé le tableau d’un pays engagé dans un vaste chantier de modernisation. Il a notamment évoqué plus de 1 000 kilomètres de routes bitumées, ainsi que plusieurs projets structurants destinés à renforcer les infrastructures nationales.
Mais au-delà des infrastructures, c’est la transformation des ressources naturelles qui constitue l’un des piliers de cette nouvelle orientation.
La Guinée, selon le chef de l’État, ne veut plus se contenter d’extraire et d’exporter ses ressources. Elle veut désormais transformer localement, créer davantage de valeur et développer des chaînes industrielles capables de générer des emplois et des opportunités pour sa population.
Dans cette dynamique, Mamadi Doumbouya a cité la construction de trois raffineries d’alumine et la réalisation annoncée de la plus grande raffinerie d’or du continent.
Simandou 2040, locomotive de la transformation
Au cœur de cette stratégie figure le programme Simandou 2040, présenté comme bien plus qu’un projet minier.
« Le programme Simandou 2040 incarne notre ambition de transformation structurelle. Il ne s’agit pas seulement d’un projet minier, mais d’un véritable levier stratégique pour accélérer le développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation et de la santé », a souligné le Président.
Pour le pouvoir guinéen, Simandou doit ainsi servir de catalyseur à une transformation profonde de l’économie nationale et favoriser l’émergence de nouvelles activités autour des infrastructures, de l’industrie, de l’agriculture et des services.
Cette vision place également la jeunesse au cœur de la stratégie nationale. Mamadi Doumbouya l’a présentée comme « la plus grande richesse » de la Guinée.
Des initiatives de formation et de spécialisation, notamment à travers la Simandou Academy, doivent contribuer à préparer une nouvelle génération de compétences capables d’accompagner cette transformation.
« La Guinée peut avancer avec ses propres moyens »
Au-delà des chiffres et des projets, le discours présidentiel porte un message politique assumé : la Guinée entend construire son développement à partir de ses propres réalités, de ses ressources et de ses priorités nationales.
Pour Mamadi Doumbouya, l’expérience de plusieurs pays d’Asie et du Proche-Orient démontre qu’il n’existe pas un modèle unique de développement applicable à toutes les nations.
« Lorsque les modèles de gouvernance sont adaptés aux réalités historiques, sociales et culturelles de chaque nation, plutôt qu’importés sans discernement, le développement s’accélère. […] L’Afrique peut, elle aussi, emprunter cette voie », a-t-il affirmé.
Le Président guinéen défend ainsi une approche fondée sur l’appropriation nationale des politiques publiques et sur la capacité des États africains à définir eux-mêmes leurs trajectoires de développement.
Pour une coopération internationale fondée sur l’égalité
Cette affirmation de souveraineté, précise toutefois le chef de l’État, ne signifie pas un repli de la Guinée sur elle-même.
Bien au contraire, Mamadi Doumbouya plaide pour une coopération internationale renouvelée, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et la recherche d’intérêts communs.
« Il ne s’agit pas d’un rejet du monde ni de la coopération internationale […]. C’est un appel à un partenariat équilibré et respectueux de la souveraineté de chaque nation, fondé sur la co-construction plutôt que sur des schémas préétablis », a-t-il expliqué.
À travers ce plaidoyer, la Guinée souhaite se positionner comme un partenaire qui entend participer pleinement à la construction des solutions, plutôt que comme un simple bénéficiaire de l’aide ou de l’assistance internationale.
Une Guinée qui veut écrire sa propre trajectoire
En réaffirmant son attachement au droit international et aux principes de la Charte des Nations Unies, le Président Mamadi Doumbouya a voulu inscrire la trajectoire guinéenne dans un cadre de coopération internationale, tout en revendiquant le droit du pays à définir ses propres priorités.
Son message devant l’Assemblée générale peut ainsi se résumer en une conviction : la Guinée dispose des ressources, du potentiel humain et des ambitions nécessaires pour accélérer elle-même sa transformation.
De la réforme institutionnelle à l’industrialisation, en passant par les infrastructures, la formation et la valorisation des ressources naturelles, le chef de l’État entend faire de cette nouvelle dynamique les fondations d’une Guinée plus autonome, plus productive et davantage maîtresse de son destin.
À New York, Mamadi Doumbouya a donc porté une vision claire : coopérer avec le monde, mais sur la base du respect mutuel ; s’ouvrir aux investissements, mais en privilégiant la création de valeur en Guinée ; recevoir des partenaires, mais sans renoncer à la souveraineté nationale.
Une doctrine résumée par une idée forte : la Guinée avance avec ses propres moyens, tout en construisant des partenariats avec ceux qui partagent son ambition de transformation.
M. Diallo





