Conakry abritera, du 23 au 27 août 2027, la 77ᵉ session du Comité régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique. L’annonce a été faite à l’occasion de la 76ᵉ session du Comité régional, où la candidature de la Guinée a été officiellement retenue.

Pour Conakry, cette désignation constitue une reconnaissance de la place croissante du pays dans les enjeux de santé publique sur le continent. Elle intervient également dans le cadre de la vision portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, qui entend faire de la transformation du système de santé l’un des leviers du développement national.
À travers le programme Simandou 2040, les autorités guinéennes ambitionnent notamment de renforcer les infrastructures sanitaires, d’améliorer l’accès aux soins et de consolider la résilience du système de santé.
Une première pour la Guinée depuis plus d’un demi-siècle
Dans son allocution, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaité Sall, a présenté l’organisation de cette rencontre comme une « marque de confiance » de la communauté sanitaire africaine envers la Guinée.
Bien qu’absente physiquement de la session, la ministre a souligné que la Guinée était « tout entière présente » à ce rendez-vous et a exprimé, au nom du chef de l’État, du gouvernement et du peuple guinéen, sa gratitude aux États membres de la Région africaine de l’OMS.
L’organisation de la 77ᵉ session à Conakry revêt une dimension particulière pour le pays. Il s’agira, selon la ministre, de la première fois en plus de cinquante ans que la Guinée accueillera cette importante rencontre régionale de l’OMS.
D’Ebola à la consolidation de la sécurité sanitaire
Le choix de la Guinée intervient également dans un contexte marqué par l’histoire récente du pays en matière de crises sanitaires. En 2014, la Guinée avait été l’un des principaux foyers de l’épidémie de maladie à virus Ebola qui avait durement frappé l’Afrique de l’Ouest.
Cette crise avait entraîné de lourdes pertes humaines, notamment parmi les professionnels de santé, tout en révélant les importantes faiblesses des systèmes nationaux de surveillance et de riposte aux épidémies.
Depuis cette période, les autorités guinéennes affirment avoir renforcé les mécanismes de surveillance, les capacités d’alerte et les dispositifs de réponse aux urgences sanitaires.
La résurgence d’Ebola en 2021, puis l’apparition de la maladie à virus de Marburg en Afrique de l’Ouest, ont notamment constitué de nouveaux tests pour le dispositif sanitaire national. Pour la ministre, ces épisodes ont permis à la Guinée de démontrer davantage de préparation et de résilience face aux menaces sanitaires.
« Conakry 2027 », un rendez-vous pour la souveraineté sanitaire africaine
Au-delà de l’organisation matérielle de la session, la Guinée entend faire de Conakry 2027 une plateforme de réflexion sur l’avenir de la santé en Afrique.
La ministre Khaïté Sall a notamment insisté sur la nécessité pour les pays africains de renforcer leur autonomie sanitaire dans un contexte marqué par la contraction des financements traditionnels et la multiplication des crises sanitaires.
Pour Conakry, la prochaine session du Comité régional devra ainsi permettre de débattre de solutions adaptées aux réalités du continent, de renforcer les institutions sanitaires et de promouvoir une solidarité africaine plus importante.
« La Guinée s’engage à en faire un rendez-vous à la hauteur de la confiance qui lui est accordée », a assuré la ministre, tout en invitant les ministres de la Santé et les délégations des États membres à se retrouver à Conakry en août 2027.
Une vitrine pour la nouvelle image de la Guinée
Les autorités guinéennes souhaitent également profiter de cet événement pour présenter une nouvelle image du pays : celle d’une Guinée en transformation, davantage engagée dans les initiatives régionales et déterminée à renforcer sa souveraineté sanitaire.
Pour la ministre, le choix de Conakry traduit une évolution symbolique : « la terre où une tragédie a commencé » peut désormais devenir un lieu où le continent se réunit pour réfléchir à son avenir sanitaire.
Du 23 au 27 août 2027, responsables politiques, experts, partenaires techniques et financiers et représentants des États membres de l’OMS pour l’Afrique sont donc attendus dans la capitale guinéenne.
La Guinée entend faire de cette 77ᵉ session bien plus qu’un rendez-vous institutionnel : un moment fort de coopération sanitaire et une vitrine de ses ambitions pour les prochaines années.
Amadou Diallo






