Après l’incident survenu sur les antennes de France 24, la directrice de la chaîne internationale, Vanessa Burggraf, a décidé de s’adresser directement au président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya.
Dans une correspondance adressée au chef de l’État ce jeudi 17 septembre, quelques jours après la suspension de la diffusion de France 24 en Guinée, la responsable du média français a présenté ses excuses et plaidé pour un réexamen de la décision prise par la Haute Autorité de la Communication (HAC).
« Je me permets de m’adresser à vous personnellement à la suite de l’incident survenu sur notre antenne le mardi 14 septembre et sur les conséquences qui en ont résulté pour la diffusion de France 24 en Guinée », écrit Vanessa Burggraf.
La directrice de France 24 reconnaît une erreur commise à l’antenne par l’un des journalistes de la chaîne, qui aurait employé un qualificatif inexact à l’endroit du président guinéen.
« Cette faute, que nous avons immédiatement reconnue et corrigée sur nos environnements numériques et à l’antenne, était dépourvue de toute intention de manquer de respect aux institutions de la République de Guinée, à votre fonction, et à votre personne », précise-t-elle.
Un rappel à l’ordre du journaliste concerné
Vanessa Burggraf assure que la direction de France 24 a rapidement pris des mesures à la suite de cet incident. Le journaliste concerné a notamment été convoqué et rappelé à ses responsabilités professionnelles.
« La direction de France 24 a convoqué le journaliste concerné pour lui rappeler la portée d’une chaîne internationale comme France 24 et la responsabilité qui incombe à ses journalistes de respecter les titres et fonctions des personnes présentées à l’antenne », explique la directrice.
Selon elle, le journaliste a également présenté personnellement ses excuses à l’antenne. La direction de France 24 affirme, par ailleurs, avoir appelé l’ensemble de la rédaction à une vigilance accrue afin d’éviter qu’un tel incident ne se reproduise.
Vanessa Burggraf souligne que cet épisode demeure, selon elle, isolé au regard de la couverture de l’actualité guinéenne assurée par France 24.
Un appel à l’apaisement
Dans son courrier, la directrice de France 24 indique également que la chaîne s’est conformée aux demandes formulées par la Haute Autorité de la Communication et qu’elle y a répondu dans les meilleurs délais.
Tout en reconnaissant le mécontentement suscité par la formulation utilisée à l’antenne, Vanessa Burggraf insiste sur l’absence d’intention de porter atteinte au chef de l’État ou aux institutions guinéennes.
« Nous comprenons votre mécontentement et le fait que cette formulation vous ait heurté. Ce n’était pas notre intention », écrit-elle.
La responsable de France 24 va plus loin en sollicitant directement la bienveillance du président Mamadi Doumbouya, estimant que celui-ci étant personnellement concerné par l’incident, il pourrait contribuer à un réexamen des mesures prises contre la chaîne.
« Puisque la personne directement concernée par cet incident n’est autre que vous-même, j’en appelle à votre bienveillance afin que les mesures qui nous ont été imposées puissent être réexaminées », conclut Vanessa Burggraf dans cette correspondance.
La démarche de la directrice de France 24 intervient ainsi dans un contexte de tension entre la chaîne internationale et les autorités guinéennes, après la décision de suspendre sa diffusion sur le territoire national.

Amadou Diallo





