Conakry, 5 octobre 2026 — Après près de trois mois de vacance, l’Assemblée nationale guinéenne a officiellement effectué sa rentrée solennelle ce lundi 5 octobre 2026. La cérémonie, organisée dans la salle des congrès du Palais du peuple, a réuni les 147 députés de la 10ᵉ législature, ainsi que plusieurs membres du Gouvernement, des représentants des institutions nationales et des délégations parlementaires étrangères.
Placée sous la présidence du Dr Dansa Kourouma, cette rentrée marque le début officiel des travaux de la nouvelle législature, appelée à succéder au Conseil national de la transition (CNT), qui a assuré les fonctions parlementaires durant la période de transition entre 2022 et 2026.
La cérémonie a débuté par l’appel nominal des 147 députés nouvellement élus, avant de laisser place aux différentes interventions des délégations parlementaires invitées.
L’Union du fleuve Mano au cœur des échanges
Parmi les premières prises de parole, celle du représentant du Parlement libérien, l’honorable Richard Nagbe Koon, a particulièrement insisté sur la nécessité de rendre opérationnel le Parlement de l’Union du fleuve Mano.

Selon lui, cette initiative ne doit plus rester au stade des déclarations d’intention. Les différents Parlements concernés doivent désormais passer à la concrétisation du projet.
« La mise en place du Parlement de l’Union du fleuve Mano doit désormais passer de la déclaration à la mise en œuvre », a-t-il déclaré.
Le président du Parlement du Liberia a appelé les présidents des Assemblées présents à s’accorder rapidement sur une date afin de poursuivre le processus et de finaliser les formalités restantes.
Pour Richard Nagbe Koon, la mise en place d’un Parlement régional opérationnel permettrait notamment d’harmoniser les législations, de renforcer les échanges commerciaux, de faciliter la coopération transfrontalière et de contribuer à la consolidation de la paix et de la sécurité dans la région.
« Nos exécutifs négocient des accords. Il appartient au Parlement de transformer ces accords en lois, budgets et institutions qui produisent des résultats », a-t-il souligné.
Plusieurs délégations parlementaires étrangères ont pris part à cette rentrée solennelle, notamment celles du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Sierra Leone, du Togo, du Gabon et de la CEDEAO. Les Conseils nationaux de transition de la Guinée-Bissau et du Mali étaient également représentés.
La CEDEAO était notamment représentée par sa deuxième vice-présidente, l’Ivoirienne Adjara Traoré. Dans son intervention, elle a réaffirmé la disponibilité de l’institution communautaire à renforcer ses relations avec le nouveau Parlement guinéen.
« Le Parlement de la CEDEAO souhaite approfondir ses relations avec le Parlement de la République de Guinée », a-t-elle déclaré, plaidant pour une coopération parlementaire davantage orientée vers les intérêts des populations de la sous-région.
« Construire la Guinée de 2040 »
La nouvelle législature entend inscrire son action dans les grandes ambitions de développement du pays. Le thème retenu pour cette semaine de rentrée parlementaire s’inscrit ainsi dans la dynamique du programme Simandou 2040 : « Construire la Guinée de 2040 : la 10ᵉ législature au cœur de la souveraineté, de la prospérité et de l’intégration africaine ».
Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a appelé les députés à s’inspirer de l’esprit de liberté et de panafricanisme ayant marqué l’accession de la Guinée à l’indépendance.
Quelques jours après la célébration du 68ᵉ anniversaire de l’indépendance, il a établi un parallèle entre le combat des pères fondateurs de la nation et les responsabilités qui incombent aujourd’hui aux parlementaires.
« Le 2 octobre 1958, nos pères fondateurs traçaient la voie de la liberté et du panafricanisme. C’est ce même esprit de dignité et de souveraineté qui doit animer notre législature », a-t-il déclaré.
Sur le terrain du développement, le président de l’Assemblée nationale a assuré que son institution entend jouer un rôle actif dans l’accompagnement des grands projets structurants de l’État.
Il a notamment cité le programme Simandou 2040, présenté comme un levier majeur de transformation économique, industrielle et sociale du pays.
Une Assemblée appelée à rester proche des populations
Au-delà des grandes orientations économiques et diplomatiques, Dr Dansa Kourouma a également insisté sur la nécessité de rapprocher davantage l’institution parlementaire des citoyens.
Pour lui, les députés doivent être à l’écoute des préoccupations des populations et faire du mandat parlementaire un véritable exercice de responsabilité publique.
Cette vision repose notamment sur davantage d’assiduité, d’exemplarité et de proximité avec les électeurs.
« Le peuple de Guinée n’attend pas de nous des discours convenus, mais des actes concrets, des lois justes et un contrôle rigoureux de l’action publique », a martelé le président de l’Assemblée nationale.
Il a rappelé que chaque député, indépendamment de son appartenance politique ou de sa circonscription électorale, représente désormais l’ensemble de la Nation.
Dr Dansa Kourouma a ainsi appelé ses collègues à privilégier des débats contradictoires mais respectueux des principes républicains.
« Nos débats doivent être passionnés, mais toujours républicains, contradictoires, mais toujours guidés par le seul intérêt supérieur de la Patrie », a-t-il insisté.
Une orientation qui traduit la volonté affichée de faire de cette 10ᵉ législature une institution davantage tournée vers les citoyens, la production législative et le contrôle de l’action gouvernementale.
Solidarité face aux drames sociaux
Dans son discours, le président de l’Assemblée nationale n’a pas manqué d’évoquer les récents drames ayant endeuillé le pays, notamment l’éboulement survenu à la décharge de Dar-Es-Salam et les conséquences des dernières inondations.
Au nom de l’institution parlementaire, il a exprimé sa solidarité aux victimes et à leurs familles.
Il a également annoncé que les députés devront encourager le Gouvernement à renforcer les politiques publiques relatives à la prévention des risques, à l’aménagement urbain et à la sécurité des populations.
L’objectif affiché est de contribuer à la mise en place de mécanismes permettant de mieux anticiper les catastrophes et de protéger durablement les citoyens.
Une semaine consacrée aux échanges et aux réflexions

Cette rentrée solennelle ouvre une semaine d’activités consacrées aux grandes questions liées au rôle et aux missions de la nouvelle législature.
Plusieurs conférences, panels et rencontres sont programmés, avec pour ambition de nourrir la réflexion autour des priorités nationales, de la coopération parlementaire, du développement économique et de l’intégration africaine.
À travers cette première rentrée, la 10ᵉ législature affiche ainsi ses principales ambitions : renforcer la proximité avec les populations, améliorer le travail parlementaire, accompagner les grands projets de développement et consolider la coopération avec les Parlements africains.
Pour Dr Dansa Kourouma, l’enjeu est désormais de transformer ces engagements en résultats concrets et de faire de l’Assemblée nationale une institution au service de la Nation et de ses citoyens.
Malal





