Alors que les opérations de déguerpissement se multiplient dans plusieurs villes du pays, la question de leur efficacité et de leur impact social continue de susciter de vifs débats. Parmi les voix critiques, celle de l’écrivain guinéen Thierno Monénembo résonne avec une force particulière.
Dans une réflexion sans concession, l’auteur rappelle une réalité souvent ignorée dans les politiques urbaines répressives :
« Les déguerpis reviendront. Vous les chasserez mille fois, ils reviendront mille fois, même si vous les soumettez aux feux de l’enfer. »
Pour l’écrivain, ces retours incessants ne relèvent ni de la défiance ni de l’insoumission, mais d’une nécessité vitale.
« Ils reviendront parce qu’ils n’ont nulle part où aller. C’est là, sur ces bouts de trottoir, que vit le peuple », affirme-t-il.
À travers ces mots, Tierno Monénembo dénonce une profonde injustice sociale dans un pays pourtant riche en ressources naturelles. Malgré les immenses réserves de diamants, de bauxite et de fer, une grande partie de la population demeure exclue des fruits de cette richesse nationale.
« Le peuple n’a ni compte en Suisse ni villa au bord de la mer », souligne-t-il, pointant du doigt les inégalités structurelles qui condamnent des milliers de citoyens à la précarité.
Cette prise de position relance le débat sur la nécessité d’accompagner les opérations de déguerpissement par de véritables politiques de logement, d’emploi et d’inclusion sociale. Sans alternatives durables, préviennent de nombreux observateurs, ces actions risquent de demeurer des solutions temporaires à des problèmes profondément enracinés.
En définitive, le message de Thierno Monénembo est clair : on ne chasse pas la misère par la force, mais par des réponses humaines, équitables et durables.
Ibrahima Sory 2 Keita





