« Je remercie très chaleureusement le Président de la République pour la création de onze (11) nouvelles préfectures en République de Guinée. Cette décision traduit la volonté de rapprocher davantage l’administration territoriale des populations et de contribuer plus efficacement au développement local.
La création de ces nouvelles préfectures, ainsi que de deux nouveaux gouvernorats, me paraît également répondre à un souci d’équité et d’équilibre territorial. À titre d’exemple, le gouvernorat de Siguiri compte quatre nouvelles préfectures, tandis que celui de Beyla en compte également quatre.
Cependant, il serait souhaitable que le Président de la République veille à ce que ces nouvelles préfectures bénéficient d’une organisation administrative équitable, notamment en ce qui concerne le nombre de sous-préfectures.
Dans le même esprit, il me paraît également important de réfléchir à leur représentation au sein de l’Assemblée nationale. Il serait difficilement compréhensible qu’une préfecture nouvellement créée puisse rester pendant cinq ans sans représentant à l’hémicycle pour porter la voix de ses populations et défendre leurs intérêts dans les politiques et projets de développement.
Prenons l’exemple de Mandiana. Cette préfecture disposait de quatre députés. Avec l’érection de Dialakoro en préfecture, il serait logique de réfléchir à une répartition équitable de la représentation parlementaire, en tenant compte des réalités historiques, démographiques et socioculturelles de la zone.
Mandiana est une préfecture où les populations du Wassolon et celles du Mandingue vivent depuis longtemps dans la fraternité et l’harmonie. D’ailleurs, lors des dernières élections législatives, la représentation avait été pensée sur la base de cet équilibre : deux députés issus des zones fortement concentrées au sud, à dominante wassolon, et deux autres issus des zones fortement concentrées au nord, à dominante mandingue.
Il serait donc souhaitable que toute nouvelle répartition tienne compte de cet équilibre afin de préserver la cohésion sociale et d’éviter d’éventuelles frustrations.
La même réflexion pourrait être menée à Mamou. Sauf erreur de ma part, cette préfecture disposait de deux députés à l’Assemblée nationale. Avec l’érection de Timbo en préfecture, il serait légitime d’envisager qu’une partie de cette représentation puisse lui être attribuée.
Il en va de même pour Kamsar, désormais érigée en préfecture, qui pourrait naturellement bénéficier d’une représentation parlementaire propre, notamment à travers une réorganisation de la représentation jusque-là attribuée à Boké.
Ces questions méritent d’être examinées avec beaucoup d’attention, dans un esprit d’équité, de justice et de cohésion nationale.
Dans sa volonté de servir l’ensemble du peuple de Guinée, le Président de la République gagnerait à veiller à ce que chaque nouvelle préfecture bénéficie des moyens administratifs et politiques nécessaires pour accompagner son développement et permettre à chaque citoyen de jouir pleinement des fruits du développement local, sans distinction d’origine, d’ethnie ou de religion ».
Par Boubacar Yacine DIALLO






