Depuis quelques jours, je vois passer de nombreuses publications et des commentaires critiques visant le président Antonio Souaré. Comme tout être humain, l’homme n’est pas parfait et ne fera jamais l’unanimité.
Cependant, tenter de réduire sa personnalité au néant est à la fois regrettable et injuste. Faut-il impérativement attendre la mort d’un homme pour reconnaître la valeur de ses œuvres ? Je ne le pense pas.
Durant son mandat à la tête de la Fédération Guinéenne de Football (2017-2021), nos différentes équipes nationales (U15, U17, U20 et Syli Local) ont enchaîné les succès sportifs.
En 2017, le Syli Cadet et le Syli Junior ont décroché la médaille de bronze lors des CAN U17 au Gabon et U20 en Zambie. Ces performances ont permis à la Guinée de disputer deux Coupes du monde la même année : les cadets en Inde et les juniors au Chili.
En 2019, le Syli Cadet a atteint la finale de la CAN U17 en Tanzanie. Si ce parcours a malheureusement été entaché par un litige administratif lié à des passeports, le talent sur le terrain était bien réel.
En 2021, le Syli Local, dirigé par Kanfory Lappé Bangoura, s’est adjugé la médaille de bronze au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) au Cameroun, en battant le pays hôte lors de la petite finale. Ce parcours exceptionnel confirmait alors la très bonne santé de notre championnat national.
La même année, le Syli Minime remportait le tournoi UFOA-A des moins de 15 ans à Conakry. Ces jeunes talents, issus de l’académie d’élite de la Fédération Guinéenne de Football, avaient été recrutés lors d’une grande détection nationale initiée par Antonio Souaré. Le président de la Fédération Guinéenne de Football avait compris que le développement de notre football devait impérativement commencer par la base.
Au niveau des clubs, le Horoya AC a, à lui seul, porté le drapeau guinéen au sommet du football africain. Les Rouge et Blanc de Matam ont brillé au point de permettre à la Guinée d’obtenir quatre représentants dans les compétitions interclubs de la CAF.
Sur le plan des infrastructures, à la demande du président Alpha Condé, Antonio Souaré a mis en pause le projet de son académie privée (AFAS) pour investir des milliards de francs guinéens dans la rénovation du stade Général Lansana Conté de Nongo, permettant ainsi l’homologation de plusieurs rencontres internationales.
Soyons réalistes : après les années glorieuses du Hafia 77 et la CAN 1976, le football guinéen n’a jamais connu de meilleurs résultats que durant la période 2017-2021, que ce soit en termes de médailles, d’indice CAF ou de formation d’élite.
Reconnaître ses mérites ne signifie pas dire que tout a été parfait. Cela signifie simplement être juste et reconnaissant envers ceux qui ont contribué, à leur manière, à faire avancer notre football.
Certes, l’homme a ses défauts, mais son bilan au Horoya AC et à la fédération parle pour lui. Malgré les tempêtes, le Horoya AC vient d’ailleurs de s’offrir un deuxième titre consécutif de champion de Guinée.
Aujourd’hui, le président Antonio Souaré reste concentré sur ses projets. Sa passion pour le football ne date pas d’hier ; elle est née des décennies avant le rachat du Horoya, comme peuvent en témoigner ses amis d’enfance.
Qu’il soit ou non à la tête de la fédération, il restera un serviteur passionné du football guinéen jusqu’à son dernier souffle.
Que ceux qui choisissent le manque de respect continuent s’ils le souhaitent. À sa mort, ils auront enfin le silence qu’ils cherchent, et lui, il dormira en paix.
Par Djibril Firawa Touré






