Conakry — La Guinée entend faire de l’élevage un véritable levier de création de richesse, d’emplois et de souveraineté alimentaire. C’est dans cette perspective que le Programme national d’amélioration génétique bovine 2026-2035 prévoit l’introduction progressive de 5 000 bovins de races brésiliennes sur le territoire national.
Le programme a été présenté ce lundi par le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, aux représentants des banques et des compagnies d’assurance. Un premier lot de 2 500 bovins est annoncé, avec un financement assuré par le Budget national de développement (BND).
Cette initiative s’inscrit dans la vision du Programme Simandou 2040 et vise à accompagner la transformation d’un élevage encore largement traditionnel vers un modèle plus moderne, productif, rentable et compétitif.
Moderniser l’élevage et créer des entrepreneurs
Au-delà de l’augmentation du cheptel national, le gouvernement souhaite faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs dans le secteur de l’élevage.
« Il faut sortir de l’élevage traditionnel et aller vers un élevage moderne et intensif », a déclaré le ministre Alpha Bacar Barry, insistant sur la nécessité de considérer l’élevage comme une véritable activité économique.
L’État prévoit ainsi de faciliter l’accès des jeunes éleveurs aux bovins améliorés, avec des mécanismes de remboursement pouvant notamment être effectués en numéraire ou en lait. Un accompagnement technique est également prévu afin de permettre aux bénéficiaires de mieux maîtriser les méthodes d’élevage et d’améliorer la productivité.
Le financement et l’assurance au cœur du dispositif
Pour réussir cette transformation, le gouvernement entend mobiliser le secteur financier et les compagnies d’assurance. L’objectif est de créer un environnement favorable à l’investissement et de réduire les risques auxquels sont confrontés les éleveurs.
« Il n’y a pas d’agriculture s’il n’y a pas d’affaires. Il n’y a pas d’élevage s’il n’y a pas d’affaires », a rappelé le ministre, soulignant l’importance de faire de l’élevage une activité économiquement viable et attractive pour les investisseurs comme pour les jeunes entrepreneurs.
Un partenariat renforcé avec le Brésil
La coopération avec le Brésil doit également jouer un rôle important dans la réussite du programme. Elle devrait contribuer au renforcement des compétences des vétérinaires et des zootechniciens guinéens, à l’amélioration de la couverture sanitaire du cheptel et à la maîtrise de l’alimentation animale.
Le programme prévoit par ailleurs de poursuivre les efforts d’amélioration génétique grâce notamment à l’insémination artificielle et au transfert d’embryons.
Structurer toute la chaîne de valeur
Avec ces 5 000 bovins, l’ambition du gouvernement ne se limite donc pas à accroître la production animale. Il s’agit de structurer progressivement une véritable chaîne de valeur intégrant la production, la transformation, les services, le financement et la commercialisation.
À terme, cette stratégie doit permettre à la Guinée de mieux valoriser son potentiel pastoral, de stimuler la création d’emplois et de revenus et de renforcer son autonomie en matière de production alimentaire.
Le Programme national d’amélioration génétique bovine 2026-2035 apparaît ainsi comme l’un des axes de la transformation du secteur de l’élevage, avec l’ambition de faire de cette filière un moteur durable de développement économique en Guinée.
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La rédaction






