Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a organisé, ce samedi 31 octobre 2026, une grande marche de sensibilisation placée sous le thème « Unis tous contre les cancers », à l’occasion de la clôture de la campagne Octobre Rose. Partie de l’esplanade du Palais du Peuple, la marche a pris fin au pont du 8-Novembre, au parc de Conakry. Elle a réuni des membres du gouvernement, des représentants de la Présidence de la République, des forces de défense et de sécurité, des partenaires au développement, des professionnels de santé ainsi que de nombreux citoyens.
Cette mobilisation civilo-militaire a permis de rappeler l’importance de la prévention, du dépistage précoce et de l’accès aux soins dans la lutte contre les cancers, notamment ceux du sein et du col de l’utérus. À cette occasion, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a annoncé l’introduction du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) en 2027, ainsi que la poursuite du processus de construction d’un centre de cancérologie à Conakry.
Prenant la parole en premier, la ministre Khaïté Sall a souligné la portée symbolique de cette marche, qui traduit, selon elle, l’engagement collectif de la nation en faveur de la santé et du bien-être des populations. Elle a particulièrement mis en avant la participation conjointe des forces de défense et de sécurité, des femmes, des jeunes et des professionnels de santé.
« Cette marche civilo-militaire porte un message fort : celui d’une nation unie autour de la santé et du bien-être de ses populations. Voir nos forces de défense et de sécurité marcher aux côtés des femmes, des jeunes et des professionnels de santé témoigne d’une solidarité nationale qui dépasse les frontières institutionnelles », a déclaré la ministre.
Poursuivant son intervention, Khaïté Sall a insisté sur la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation, de promouvoir le dépistage précoce et de faciliter l’accès aux traitements. Elle a, dans la même dynamique, annoncé deux initiatives majeures destinées à améliorer la prévention et la prise en charge des cancers en Guinée : l’introduction du vaccin HPV en 2027 et la poursuite du projet de construction d’un centre spécialisé à Conakry.
« Nous prévoyons, en 2027, l’introduction du vaccin HPV contre le cancer du col de l’utérus. Nous continuons aussi le processus de finalisation pour la construction d’un centre de cancérologie ici même à Conakry, ce qui permettra d’améliorer considérablement la prise en charge de tout type de cancer sur le territoire guinéen », a-t-elle annoncé.
À sa suite, le représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Guinée, Dr Jean Marie Kipela, a rappelé que la clôture du mois d’Octobre Rose ne devait nullement signifier la fin de la mobilisation contre les cancers. Il a souligné que ces maladies constituent un véritable enjeu de santé publique et nécessitent des efforts continus en matière de prévention, de dépistage, de diagnostic et de traitement.

Pour illustrer l’ampleur du phénomène, il a présenté des données mondiales et nationales particulièrement préoccupantes. Selon les chiffres qu’il a communiqués, en 2024, 2,4 millions de femmes ont été diagnostiquées d’un cancer du sein dans le monde et 694 000 en sont décédées. Concernant le cancer du col de l’utérus, environ 694 000 femmes ont été diagnostiquées, la moitié d’entre elles ayant perdu la vie.
« C’est la fin du mois d’Octobre Rose, mais la lutte continue tout au long de l’année puisque le cancer du sein ou du col de l’utérus n’a pas de trêve. Au niveau mondial, en 2024, 2,4 millions de femmes ont été diagnostiquées d’un cancer du sein et 694 000 en sont décédées. Concernant le cancer du col de l’utérus, environ 694 000 femmes ont été diagnostiquées et la moitié d’entre elles sont décédées », a-t-il indiqué.
Évoquant la situation guinéenne, Dr Jean Marie Kipela a fait savoir qu’environ dix femmes sont diagnostiquées d’un cancer du sein chaque jour dans le pays. Il a également déploré le diagnostic souvent tardif de nombreux cas, une situation qui réduit les possibilités de prise en charge efficace et renforce la nécessité d’intensifier les campagnes d’information et de dépistage.
« En Guinée, environ 10 femmes sont diagnostiquées d’un cancer du sein chaque jour. La plupart de ces cas étant détectés tardivement, il est important de renforcer le dépistage précoce, le diagnostic et la prise en charge. Pour le cancer du col de l’utérus, l’OMS préconise également la vaccination des jeunes filles âgées de 9 à 14 ans », a rappelé le représentant de l’OMS.
Intervenant en dernier lieu, le chef d’état-major général des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, a salué la forte mobilisation autour de cette initiative. Il a relevé le caractère particulier de cette édition, organisée en convergence avec les activités habituelles de marche des forces armées à l’approche du 1er novembre, date marquant la création de l’armée guinéenne.
Pour lui, cette participation commune constitue un symbole de rapprochement entre l’armée et la population. Il y voit également une illustration de la solidarité nationale et de la cohésion sociale, des valeurs qu’il a présentées comme essentielles à la réalisation des objectifs du chef de l’État.
« Je voudrais avant tout féliciter tous les participants à cet événement qui a un caractère un peu particulier cette année. D’habitude, chaque semaine des soldats, avant la fête du 1er novembre qui matérialise la création de notre armée, nous organisons une marche. Cette fois-ci, cela a un caractère un peu particulier, car elle a coïncidé avec l’événement appelé par le ministre de la Santé et d’autres départements, Octobre Rose. C’est ce qui fait la particularité », a-t-il expliqué.
Le général Ibrahima Sory Bangoura a ensuite insisté sur la portée de cette mobilisation, estimant qu’elle témoigne de la proximité entre les forces armées et les citoyens. Il a également salué l’engagement des organisateurs et des organisatrices dans la promotion de la santé et la sensibilisation contre les maladies.
« Mais cela est très significatif, car cela prouve à suffisance que l’armée et sa population sont très proches. C’est une marche de solidarité, une marche qui va dans le sens de l’objectif visé par le chef de l’État, qui veut toujours que sa population soit dans la cohésion. Je profite de cette occasion pour féliciter les organisateurs et organisatrices de cet événement d’Octobre Rose, qui est consacré aux maladies et aux soins », a-t-il conclu.
Au-delà de son caractère symbolique, cette marche civilo-militaire aura ainsi servi de tribune pour réaffirmer la nécessité d’inscrire la lutte contre les cancers dans une démarche permanente. La prévention, la vaccination, le dépistage précoce et le renforcement des structures spécialisées de prise en charge restent autant de leviers essentiels pour réduire l’impact de ces maladies en Guinée.
La clôture d’Octobre Rose marque donc moins la fin d’une campagne que le rappel d’un engagement collectif appelé à se poursuivre tout au long de l’année.
Maciré Conté





